Tunnel du Gothard: vers l’achèvement de l’oeuvre?

Personne n’aime les travaux à moitié terminés. Ils sont source d’une éternelle insatisfaction. Le tunnel routier du Gothard (TRG) génère ce sentiment : celui d’un ouvrage inachevé et qui tourmente ses usagers. L’ingénieur, père de notre président du Conseil des Etats, l’avait projeté avec deux galeries; malheureusement, le moment venu, la politique n’a pas eu le courage de compléter l’ouvrage et l’a laissé avec un seul tube en invoquant des raisons principalement financières.

Depuis lors le trafic n’a cessé de croître. On a entamé le percement du tunnel de base ferroviaire, un grand projet entièrement financé par la Confédération et, en même temps, le peuple suisse a approuvé l’initiative des Alpes (1994), qui de fait empêche le dédoublement du Gothard.

Le Tessin, depuis toujours canton « gothardiste », craint l’isolement : à juste titre, car la réfection complète du tunnel routier du Gothard d’ici une dizaine d’années implique sa fermeture durant 1000 jours. Celle-ci couperait le Tessin de sa principale liaison routière directe avec le reste de la Suisse. Elle entraverait avant tout l’accès aux marchés et aux flux de marchandises, ainsi que des touristes (!) et des personnes en général, exigences d’une économie intégrée aux marchés internationaux qui supporte mal les interruptions. Mais la route de transit, « la via delle genti », demeure une liaison fragile sous tous points de vue. Elle garde sa valeur symbolique de liaison et de cohésion nationale, qui a avant tout une portée éminemment politique.

De plus, la question de la sécurité est incontestable. Le terrible drame de 2001 a mis au premier plan le spectre du piège mortel toujours à l’affût.

C’est pour toutes ces raisons que je salue la position du PDC qui a affirmé son soutien à la construction d’un deuxième tube au tunnel routier du Gothard dans le cadre de la consultation qui s’est achevée cette semaine. On retrouve dans sa réponse les préoccupations des Tessinois. Tout d’abord une fermeture totale du TRG causerait un dommage inacceptable à l’ensemble de la place industrielle suisse et au système européen de transport sur l’axe nord-sud. En outre, le percement d’un deuxième tube permettra d’augmenter notablement la sécurité des automobilistes et la stabilité de cette liaison routière. Ce choix constitue un investissement durable en matière de politique des transports, contrairement aux mesures d’accompagnement coûteuses et à fonds perdus pour la gestion du trafic dans le cas d’une fermeture totale. En effet, ces mesures provisoires (nécessaires dans le cas d’un assainissement sans second tube et souhaitées par les opposants à ce dernier) coûteraient plus d’un milliard de francs.

En tant que représentant du Canton du Tessin, je me battrai en faveur de l’achèvement du tunnel routier du Gothard, suivant la proposition du Conseil fédéral. Comme le réaffirme le PDC dans sa prise de position, la construction d’un second tube ne doit en aucun cas impliquer une augmentation de la capacité et du trafic sur l’axe routier du Gothard, car elle nuirait au processus de transfert du trafic lourd sur le rail. Je soutiendrai donc la proposition d’ancrer la restriction à une seule voie de circulation dans la loi. De cette manière, l’Initiative des Alpes – et ainsi la volonté du peuple – sera respectée, et en définitive l’ensemble de la politique de transfert du trafic de marchandises sur le rail.

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